Textes

 

Adeline Parrot is a French artist born in 1987. Currently living and working in Beijing, she graduated from Villa Arson in Nice, France, in 2011.

In a constant movement between painting and sculpture, Adeline Parrot’s work is created from a diversity of communicating practices: architectural references, endless pattern choices and popular culture are some unalterable sources of inspiration constantly used by the artist.

Her daily life in Beijing has an undeniable influence on her work.  The eternal flow of objects derived from every culture in the world and the saturation of imagery specific to China keeps doors opened for infinite possibilities. Her creative process involves the gathering of visual elements, magazine clippings, diverse materials and other objects. This provides a database to work from.

Adeline Parrot uses this basis to raise forms, colors, and patterns (architectural details, wallpaper or textile patterns, souvenirs, ornamental elements, etc.) which, displaced from their original context, are assembled to create a new imagery, telling new stories.

The resulting compositions oscillate on the fine line between illusion and reality, drawing our perception to an overwhelming and intangible strangeness. This encourages the viewer to explore their own response and concern.

Holiday Waves

Comme à l’époque romantique, Adeline Parrot rapporte des souvenirs de ses voyages : ces petits dés de porcelaine mentionnant une destination exotique (ou pas), accompagnés de paysages stéréotypés (toujours), cristallisant un bon moment de vie. Mais plutôt que de les offrir à grand-mère qui va les empailler sur l’étagère en attendant le suivant, Adeline Parrot s’en sert comme point de départ.

En effet, jamais rassasiée, le dé de voyage devient le gène gangrené qui prolifère. C’est à partir de ce petit élément que sa vision hallucinatoire prend forme dans un paysage fantasmé. La mousse expansive dégueule de l’objet pour bientôt former une informité grotesque que l’artiste vient ensuite délicatement pour en faire apparaître une esquisse de paysage. Là, le modéliste se réveille et fait soudain pousser herbe, rocher, arbre et eau comme un cuisinier construit son plat : sans fausse note. Toujours soucieuse du détail, Adeline Parrot s’empare aussi bien du savoir faire du maquettiste rigoureux que de l’aquariophile passionné. Elle recréé ainsi des microcosmes parfois délirants où le souvenir figé et enterré semble éveiller sa boulimie d’exotisme. Incorporant par moment d’autres objets comme pour rappeler la destination sur l’affiche de tour operator, l’ensemble des Holiday Waves me fait penser au bâtiment du Chicago Tribune sur laquelle est incrusté des dizaines d’éléments architecturaux provenant des quatre coins du monde et de toutes les époques.

Ainsi, la grande muraille de Chine côtoie Fort Alamo et la cathédrale Notre-Dame de Paris. Une croisée des chemins entre l’Histoire de l’art, des civilisations et des cultures que l’ensemble de la société de loisir semble avoir lissé et figé dans sa surproduction de souvenirs pour touristes. Finalement, Adeline fait ressurgir tout ce refoulé en continuant à créer à partir d’éléments plus arides que la louve se faisant téter depuis 8 siècles par Romulus et Rémus au Louvre !

Clarence Guena-2014

Les sculptures expansives d’Adeline Parrot, nées du désir de sortir de la peinture, peuvent apparaître comme les débordements d’une pratique picturale. Adeline Parrot conçoit en effet la sculpture avec les règles de composition de la peinture, et du genre du paysage en particulier. Elle réalise des mondes miniatures en mousse expansée qui s’échappent du cadre d’un aquarium, par exemple. Puis elle commence à intégrer des objets (souvenirs, collections kitch, coquillages, mobilier et bibelots décoratifs) à des sculptures tantôt débordantes tantôt absorbantes. Scalp géant (la natte jaune fluo de Miss Univers), meuble de style caraïbe enchâssé dans les protubérances d’un pêcher en plastique, grotte de l’amour rose et dégoulinante de lait, etc., les formes mises en oeuvre, parfois organiques, relèvent de l’accumulation, du grotesque, de l’exagération voire du monstrueux, et se jouent d’une culture de la surabondance.

Elfi Turpin in Supplément Semaine Volume VI, septembre 2011 (éditions Analogues) septembre 2011 (éditions Analogues)